CHICAGO, AOÛT 2024 — LE VOYAGE D’UNE BAGUE ET TOUT CE QU’ELLE A FAIT NAÎTRE.

CHICAGO, AOÛT 2024 — LE VOYAGE D’UNE BAGUE ET TOUT CE QU’ELLE A FAIT NAÎTRE.

Écrit par : Sacha

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Temps de lecture 14 min

En août 2024, nous avons quitté Lyon avec une mission simple en apparence : livrer une création de haute joaillerie à Chicago. Une mission qui, sur le papier, tenait en quelques lignes. Dans la réalité, elle s’est transformée en un voyage inoubliable, lumineux, chaotique, et profondément humain.


Une parenthèse qui a ouvert un chapitre essentiel dans l’histoire de The Black Alchemy.

Il nous aura fallu du temps avant de pouvoir raconter cette histoire. À notre retour, la vie a soudain exigé toute notre énergie ailleurs, et le récit a dû patienter.

Aujourd’hui, le moment est venu de raconter ce chapitre.

I. LE DÉPART : UNE BAGUE, UN RENDEZ-VOUS, ET CHICAGO AU BOUT DU VOYAGE

Départ de Lyon en train, puis escale à Paris pour prendre notre vol. Nous avons atterri de nuit à l’aéroport O’Hare de Chicago, avant de rejoindre notre hôtel après un trajet en taxi dans la ville éclairée. Arrivée à The Hoxton Hotel, ce nid industriel chic qui domine le quartier de Fulton Market. Le temps de se poser, d’absorber quelques lignes de la ville, de sentir le décalage horaire et l’excitation monter.


Le lendemain au déjeuner, nous avions rendez-vous pour la livraison de notre première création de Haute Joaillerie : Tulipa Flora, un joyau sculptural en or 18k et serti d’un diamant de 4 carats, créé dans notre atelier lyonnais pour notre client.


Le rendez-vous était fixé au Three Arts Club, ce lieu presque théâtral : fontaine centrale, verrière gigantesque baignée de soleil et d'élégance, club privé. Un décor à la hauteur d’une pièce qui avait demandé près de 6 mois de travail.

II. LA RENCONTRE : UN MOMENT SUSPENDU

Nous sommes arrivés un peu en avance au Three Arts Club, avec ce léger stress qui accompagne toujours les moments décisifs.

Dans le hall, nous avons cru reconnaître la maman de notre client — que nous n’avions encore jamais rencontrée — qui avait suivi le projet et l’accompagnait ce jour-là, sans toutefois être absolument certains qu’il s’agissait bien d’elle. Cette hésitation propre aux rencontres attendues, où l’intuition devance la certitude.


Puis nous l’avons vu arriver, lui. Il s’est naturellement dirigé vers elle, confirmant ce que nous avions ressenti : parfois, on sait simplement. Un sentiment chaleureux, immédiat, comme si le voyage pouvait enfin commencer.


En nous avançant pour les salutations, un détail a frappé Sacha — infime, mais impossible à ignorer. Un éclat de couleur, un motif reconnu instantanément sous le blazer de notre client. Pas un mot. Pas encore. Chrystelle, elle, n’a rien remarqué sur le moment.


Puis, nous nous sommes installés à table, et c’est là que tout s’est joué.

Chrystelle a enfin aperçu ce que Sacha avait vu quelques minutes plus tôt : le logo, la couleur, l’évidence. Nous nous sommes regardés, l’un puis l’autre, avec ce mélange de surprise totale et d’amusement contenu. Un hasard pareil ne s’invente pas.

Une atmosphère feutrée qui enveloppe chaque geste. Un écrin architectural où tout semble parfaitement orchestré, comme si le temps y circulait plus lentement.

C’est à cet instant précis — avant même d’ouvrir l’écrin — que nous avons décidé de sortir la bouteille que nous avions apportée pour célébrer cette création. Une évidence absolue.

Parce que sous son blazer impeccable, notre client portait un T-shirt Chartreuse.


Et qu’avions-nous apporté pour célébrer l’événement ? Une bouteille de Chartreuse VEP.


Un hasard pur. Parfait.

Une synchronicité incroyable.

Le premier éclat de rire est parti de là.

Ce moment permit à Chrystelle de simplement souligner l'évidence : l'émergence d'un alignement profond, perceptible bien avant même qu'il n'ait découvert le résultat de cette création façonnée avec lui. Quelque chose d'invisible peut-être, mais pourtant présent tout au long de ces six mois : dans la fluidité des échanges, dans la patience, l'écoute et la confiance partagée. 


Puis seulement, la remise a commencé. L’écrin s’est ouvert, révélant Tulipa Flora sous la lumière douce du dôme. Son regard s’est illuminé, Heather, sa maman, est émue — un moment sincère, unique, que ce clin d’œil du destin avait rendu encore plus vibrant.


Cette livraison, pourtant au cœur du voyage, s’est imposée comme un instant de complicité rare, presque intime. Une façon de dire que la haute joaillerie n’est pas qu’une question d’orfèvrerie, mais aussi — surtout — de rencontres.

III. CHICAGO BY NIGHT : FOLK, CHALEUR HUMAINE ET SPEAKEASY

Le soir même, nous étions invités chez lui pour un apéritif improvisé. L’hospitalité américaine dans ce qu’elle a de plus authentique : simple, chaleureuse, sans manières.


C’est là que nous avons rencontré sa compagne — sa future épouse — et que la soirée a pris une tournure totalement inattendue.


Nous devions rester incognito, sous couvert d’une vieille amitié française : Sacha, présenté comme un ami photographe, et Chrystelle, peintre. Tous deux supposément rencontrés à Paris il y a plus de dix ans, à l’époque où notre client y étudiait le Français et l'impressionnisme.


Autour de la fameuse bouteille de Chartreuse que nous venions d’ouvrir, la conversation s’est installée naturellement. Nous avons parlé de voyages, d’art, de musique, de tout et de rien, en tenant sans effort cette identité improvisée. L’exercice avait quelque chose de théâtral et de profondément amusant — une situation surréaliste rendue parfaitement fluide par la chaleur du moment.


Être présents dans leur intimité sans révéler notre véritable lien à la création était aussi étrange que captivant, et cela a donné à cette soirée un caractère totalement unique.


Puis direction un concert folk-country, un événement parallèle au festival Lollapalooza auquel notre client nous avait invité.

Une salle pleine, des guitares qui vibrent, l’énergie d’un public heureux d’être là. Un moment suspendu, presque cinématographique. Une alchimie unique. Eux, fan de l'artiste, chantaient les paroles enlacés.


La nuit s’est poursuivie dans un speakeasy, à discuter de musique, de création, de culture, de politique. Le genre de soirée qui donne l’impression que les liens se tissent naturellement, comme si ce voyage avait été écrit longtemps avant qu’il n’arrive.

IV. CHICAGO AU RÉVEIL : ARCHITECTURE, RESPIRATION ET CHEF-D’ŒUVRE

Le lendemain, l’esprit un peu embrumé par les cocktails de la veille, nous avons arpenté la ville en prenant le temps. Chicago a cette ampleur unique : un mélange d’audace architecturale et de silence aquatique.


Le type de visite qui remet les idées en place, qui inspire, qui nourrit.

Nous avons passé plusieurs heures avec notre client au Art Institute of Chicago, l’un des plus grands musées du monde. Parmi les œuvres iconiques visibles sur place, citons :

Nighthawks, d’Edward Hopper

American Gothic, de Grant Wood

A Sunday on La Grande Jatte, de Georges Seurat

Dans ce musée exceptionnel, nous avons commencé par la salle consacrée à la Grèce antique. Chrystelle s’est amusée de constater que, parmi toutes ces pièces frappées d’époque, la seule qui était minuscule et en or jaune provenait de l’île de Lesbos, d’où vient une partie de sa famille grecque. Un petit clin d’œil délicat à ses origines, à l’autre bout du monde.

Nous avons également eu la chance de découvrir une exposition temporaire de Georgia O’Keeffe, absolument exceptionnelle. C’est une artiste que Chrystelle affectionne tout particulièrement, dont elle possède plusieurs ouvrages.

Il y eut bien sûr la photo devenue presque rituelle : la main de Chrystelle portant l’un de ses tout premiers modèles, créé il y a maintenant treize ans et nommé Nymphéa, en hommage aux Nymphéas de Claude Monet. Un très joli béryl vert pastel, en parfaite résonance avec les tonalités si particulières de l’œuvre de Monet en arrière-plan.

Le matin suivant, pour notre dernier rendez-vous à Chicago, nous avons retrouvé notre client au Hoxton pour un petit déjeuner. C’est là que nous avons rencontré son frère, le chef Nicolai, aujourd’hui à la tête du restaurant Class Act.


Autour d’un café et de quelques conversations discrètes, les idées ont commencé à circuler naturellement : projets, inspirations communes, façons de faire dialoguer gastronomie et joaillerie.


Nous n’en avions pas encore conscience, mais cette rencontre posait les premières pierres d’une collaboration artistique, qui allait prendre forme quelques mois plus tard.

" LÀ, LES VACANCES COMMENÇAIENT RÉELLEMENT. SAUF QUE… TOUT S’EST ARRÊTÉ NET. "

V. LE DÉPART DES VACANCES : LA ROUTE, LES GRANDS LACS, LA LUMIÈRE

Après ces trois jours intenses et magnifiques, notre mission était accomplie.

Nous avons récupéré une iconique Jeep Wrangler et pris la route pour deux semaines de voyage autour des Grands Lacs.

Direction Racine, Wisconsin, pour une première nuit dans une petite cabane rustique, pleine de charme, nichée au bord d’un lac privé.

Là, les vacances commençaient réellement.

Sauf que… tout s’est arrêté net.

VI. LE COUP D’ARRÊT : LE CAMBRIOLAGE

À 23h, (5h, heure française) notre téléphone a sonné, très fort. Alarme assourdissante.

Notre studio était en train d’être cambriolé.

Nous avons tout vu sur nos caméras de sécurité en direct. À l’autre bout du monde.


En quelques minutes, tout s’est effondré. Impossible d’agir.

Juste l’impuissance, l’incompréhension, la colère.


Nous avons passé une nuit blanche à tenter de gérer l’urgence depuis l’autre côté de l’Atlantique.


Là où la veille encore tout était absolument idyllique, nous nous retrouvions dévastés, à vivre l'un de nos pires cauchemars.

L’image de nos caméras de sécurité, la porte défoncée qui cède, et le drame qui commence…

Vitres fracassées, mobilier endommagé, nos globes Napoléons III chinés depuis vingt ans réduits en éclats, bijoux dérobés… les pertes étaient nombreuses et douloureuses.

VII. CONTINUER MALGRÉ TOUT : LA ROUTE COMME REFUGE

Le lendemain, épuisés, nous avons repris la route.

Direction le nord, longeant le lac Michigan pour rejoindre Rapid River, Michigan.

L’air frais, les kilomètres, les paysages immenses ont fait leur travail : remettre un peu d’ordre dans l’esprit.


La cabane de Rapid River ressemblait à une retraite secrète de trappeurs contemporains : bois brut, silence épais, lac immobile.


Épuisés, nous avons tenté de trouver un peu de repos, un semblant de sommeil, mais l’inquiétude prenait trop de place pour nous laisser réellement fermer l’œil.


Et après plus de dix ans à tout construire de nos mains — les travaux, l’énergie, la volonté, le cœur mis dans chaque détail — avoir tout vu vaciller en quelques minutes avait quelque chose de profondément brutal.

VIII. GRAND MARAIS : LA BEAUTÉ DU VOYAGE MAIS UNE NOUVELLE TEMPÊTE

Épuisés, mais décidés à avancer, nous avons repris la route.

La fatigue était lourde, mais la beauté du lac Supérieur nous a forcés à respirer un peu plus profondément.

Grand Marais est un village suspendu dans le temps : diner américain, petites boutiques, atmosphère presque cinématographique.

La yourte, posée au milieu d’une clairière, était magnifique : rondeur protectrice, respiration naturelle, un refuge.

Mais la soirée a apporté le deuxième sinistre.


Nous avons appris une nouvelle intrusion dans notre studio.

Le vigile mis en place après le premier cambriolage pour sécuriser les lieux avait quitté son poste pour aller chercher à manger. Les locaux avaient été laissés seuls, sans surveillance. Une nouvelle intrusion. De nouvelles pertes.


Deux sinistres en 48 heures, à 7 000 km de Lyon.


La question du retour s’est posée. Sérieusement. Avec larmes et fatigue.

Mais nous avons décidé de rester. De continuer. Parce qu’arrêter n’aurait rien réparé.

Fort heureusement, notre famille proche a su gérer la situation avec une réactivité et un soutien sans faille, pour lesquels nous leur sommes profondément reconnaissants. Réveillés en pleine nuit dans un état de panique, ils ont immédiatement pris la route pendant plus d’une heure trente afin d’arriver sur place au plus vite.

À leur arrivée, il a fallu constater l’ampleur des dégâts, sécuriser les lieux envahis de verre, évacuer ce qui pouvait l’être, puis déménager en urgence un maximum de biens afin de les mettre en sécurité.


La nuit s’est poursuivie par une veille constante des lieux, rendue nécessaire après le second incident, avant d’engager un déménagement encore plus conséquent les jours suivants. S’y sont ajoutées la gestion des travaux de mise en sécurité ainsi que deux déplacements au commissariat pour déposer plainte en notre nom.



Nous avons poursuivi jusqu’à Sault-Sainte-Marie, passé la frontière Canadienne, avec une nuit dans un motel typiquement américain.

VIII. LES RETROUVAILLES QUI RÉPARENT : CANADA, CHALEUR ET RESPIRATION

Puis la route nous a conduits à Sudbury, au Canada, chez des amis d’enfance de Chrystelle.


Une famille d’une bonté rare.

Une maison posée sur un lac.

Paddle, baignades, hydravions qui décollent et reviennent comme dans un film, voisins en jet-ski, forêt infinie.


Un moment de répit total.

Une parenthèse réparatrice et de bienveillance.

Le Canada dans toute sa puissance émotionnelle.


L’empathie de nos proches restera gravée dans nos mémoires. Pour toujours.

Ils nous ont offert exactement ce dont nous avions besoin : un refuge émotionnel.

Merci à eux, du fond du coeur.


Suite à cette parenthèse presque irréelle au bord du lac, nous avons repris la route avec nos amis pour rejoindre la maison familiale, près de Toronto. Là-bas nous attendaient les sœurs et la maman de Lisa. Une maison profondément chargée de souvenirs : c’est dans ces murs que, enfant, Chrystelle avait séjourné à deux reprises, plusieurs semaines, avec sa famille. Une maison empreinte de joie, de partage, d’une complicité rare. 

Les parents de Chrystelle et ceux de la famille étaient amis ; sa sœur et son frère avaient le même âge que les sœurs de Lisa, et cette amitié entretenue à distance avait longtemps ressemblé à un rêve.

Et pourtant, malgré les kilomètres et les années, lorsque nous nous sommes retrouvés, tout était intact. Pour certaines d’entre nous, vingt années s’étaient écoulées sans se voir, mais c’était comme si nous nous étions quittées la veille. Sur place, nous avons de nouveau été entourés d’une immense empathie après le récit de ce qui nous était arrivé quelques jours plus tôt : beaucoup de bienveillance, de douceur, de soutien. Grâce à cela, nous avons pu profiter pleinement de ce séjour, dans un climat profondément réconfortant.

Nous avons énormément ri, notamment grâce au chien de Christine, un immense dog allemand, digne d’un personnage de cartoon. Du matin au soir, avec son gabarit impressionnant, il tentait désespérément d’attraper un minuscule écureuil perché sur le toit de la maison. La scène se répétait inlassablement et nous laissait hilares, presque étourdis de rire, tant elle semblait irréelle et joyeuse.

Chez Lisa, chose assez rare, leur très belle maison abritait un aquarium gigantesque, déjà présent avant leur achat et laissé par les anciens propriétaires. 

Durant les quelques jours passés sur place, ce fut une expérience profondément apaisante et d’une contemplation presque ultime que d’observer cette profusion de coraux, de végétaux et de poissons, évoluant lentement dans un équilibre fascinant.

Ce séjour a aussi été marqué par un moment très fort : nous avons eu la chance d’y livrer les alliances de Cody, la sœur cadette. Quelques mois plus tôt, son compagnon nous avait confié la réalisation de sa bague de fiançailles, et c’est avec une émotion immense que nous avons cette fois remis leurs alliances. Voir les trois sœurs et leur mère découvrir les bagues à l’ouverture de l’écrin, comprendre la symbolique, sentir à quel point leur histoire prenait corps dans ces anneaux a été un bonheur profond et partagé.

Nous avons parlé de tout : de l’intime, du mariage bien sûr, de la maternité, de parcours de vie parfois fragiles, difficiles, parfois lumineux. Des échanges puissants, personnels, naturels, comme si le temps n’avait jamais creusé de distance entre nous. 

Nous avons également feuilleté des albums photos de cette fameuse année où ils étaient venus vivre en France, partageant la même école primaire, le quotidien, les rires, l’insouciance. Ces images ont replongée Chrystelle dans une époque légère, heureuse, incroyablement drôle, portée par la joie de vivre et l’imaginaire foisonnant de leur maman, Christine, personnage si exceptionnel, drôle et créatif.

IX. OHIO : UN CAMP SCOUT ET UNE FERME SORTIE D’UN FILM

En redescendant vers les États-Unis, nous avons traversé Toronto, visité les chutes du Niagara, puis dormi à Madison, Ohio, dans un ancien camp scout restauré pour accueillir des événements et des mariages.


Un immense parc parfaitement entretenu, une petite cabane élégante, un musée dédié aux scouts américains. Un lieu incroyablement magnifique, profondément inspirant.

Puis direction Bowling Green, Ohio, dans une grande ferme rouge typiquement américaine.


La ferme rouge de Bowling Green ressemblait à un décor de cinéma : grange immense, brasero, prairie ouverte, hôtes curieux et bienveillants.

C’était l’Amérique telle qu’on se l’imagine : vaste, généreuse, un peu romanesque.

Même lorsque le monde vacille, il existe des routes capables de recoudre ce que la vie a déchiré.

La soirée avait une douceur particulière, presque hors du temps. Le soleil déclinait derrière les champs, projetant sur la façade rouge une lumière dorée qui rappelait les vieux films américains. 

On a discuté quelques minutes avec nos hôtes, surpris et ravis d’accueillir deux voyageurs français perdus au milieu de l’Ohio

Le calme du lieu, la simplicité des échanges, le crépitement du brasero… tout participait à cette impression d’être au cœur d’un tableau vivant. Une parenthèse chaleureuse, inattendue, qui nous a offert l’un des moments les plus apaisants de notre voyage.

Enfin, il y a eu ce matin-là. Comme souvent durant ce voyage, nous avons pris notre petit-déjeuner à l’extérieur. Au fond de la clairière, dans un silence presque sacré, un animal est apparu. 

Un jeune cerf, aux bois magnifiques, s’est approché pour brouter tranquillement les feuilles et les arbustes en lisière. Il est resté là plusieurs minutes, paisible, majestueux, comme s’il nous offrait sa présence. Cette apparition, à la fois simple et profondément émouvante, a été d’une beauté rare, un moment suspendu et infiniment gratifiant.

X. UNE DERNIÈRE HALTE POUR REFERMER LA BOUCLE

Dernière nuit avant de rejoindre Chicago pour notre retour en France. Une petite cabane adorable, perdue près de Waterford Mills. Vers Goshen, Indiana.


Un endroit minimaliste mais plein d’âme, parfait pour écrire mentalement la fin du voyage.


Une parenthèse silencieuse.

Une manière douce de fermer la boucle.

XI. RETOUR À CHICAGO : LA BOUCLE SE REFERME

Pour finir, nous avons repris la route vers Chicago, déposé la Jeep, et retrouvé l’aéroport.

Fatigués, apaisés, enrichis.

Et convaincus que ce voyage resterait l’un des plus marquants de notre vie professionnelle comme personnelle.


Ce voyage avait commencé avec une bague.


Il s’est poursuivi avec des rencontres, des drames, des paysages, des silences, des rires, des kilomètres, beaucoup de beauté.

La Jeep rendue.

Les bagages repliés.

Le retour en avion comme un long souffle.

XII. CE QUE CE VOYAGE NOUS A APPRIS

Ce périple a été un condensé de contrastes :


la haute joaillerie et la route poussiéreuse,

les musées et les motels,

la joie profonde et la vulnérabilité,

la création et la résilience.


Nous avons été frappés par la gentillesse, l’hospitalité et la politesse des gens que nous avons rencontrés tout au long du voyage, dans les différents Airbnb, les restaurants et les bars, sur la route, que ce soit des Américains ou des Canadiens.

Nous y avons trouvé ce que tout voyage porte en lui :

Une manière de mieux comprendre qui nous sommes, et pourquoi nous faisons ce que nous faisons.


Tulipa Flora a été livrée à Chicago. Mais ce voyage, lui, nous a livré beaucoup plus.


Et l’histoire ne fait que commencer.

Bonus : La musique que nous avons écoutée en boucle pendant ce voyage.

The Living End — Vetiver.

Une bande-son simple et apaisante, parfaite pour la route, le silence et les grands espaces.